Quelles sont les responsabilités de l'adulte dans la relation adulte/enfant ?

Jesper Juul nous propose 4 valeurs pour réinventer l'éducation. Une de ces valeurs est la responsabilité. Quelle responsabilité ? Ou plutôt quelles responsabilités ? parce que l'adulte assume plusieurs responsabilités dans la relation adulte/enfant et que les comprendre peut beaucoup vous aider à faire des choix éducatifs conscients.

-------------

Cet article fait partie d'une série qui présente les propositions de Jesper Juul, thérapeute familial danois.

Déjà publiés sur le modèle éducatif : une relation éducative, ça marche comment ? et Estime de soi, confiance en soi : pour prendre la responsabilité de nous même et accompagner nos enfants et aussi Quelles nouvelles valeurs pour la relation adulte/enfant ?

Et sur les nouvelles valeurs qui peuvent porter l'éducation : l'authenticité dans la relation éducative.  et  l'équidignité, une clé pour réinventer la relation adulte/enfant

-------------

Quelles sont les responsabilités de l'adulte dans la relation adulte/enfant ?

Grande question et surtout question qui va nous aider à sortir du (faux) dilemme autoritarisme ou laxisme.

Reprenons au début. Historiquement, traditionnellement on va dire, la relation avec l'enfant est une relation avec beaucoup d'abus de pouvoir, où l'enfant est frappé, puni ou moqué, jugé etc. Et depuis assez longtemps (toujours ?), des personnes se rendent compte de ça et essaient d'agir pour diminuer cette violence envers les enfants.

Cependant, quand on diminue simplement cette violence envers les enfants, que se passe t-il souvent ?

Eh bien, il se passe que l'adulte, qui a l'habitude d'une relation de pouvoir, enlève juste les moyens de contraintes comme la punition ou la fessée ou les deux, mais ne les remplace par pas grand-chose (ou seulement par des explications, je ferais un article un jour sur les explications.)

Or quand j'enlève les punitions, les menaces et les tapes (censées être) « éducatives », que je ne les remplace par rien et que je ne change rien à mon fonctionnement, à mes attentes, mes réactions, très souvent : la relation devient brinquebalante, ne fonctionne pas et … je me demande pourquoi.

Et la réaction fréquente est alors :

  • soit, rarement, de laisser tomber totalement l'idée d'influencer, d'accompagner les enfants et on tombe alors dans quelque chose qui ressemble fort à du laxisme et qui ne répond aux besoins de personne,

  • soit, plus souvent, de se dire « J'aurais bien voulu faire sans mais ça ne va pas du tout sans, alors tant pis, revenons à avec ! ». Ce qui signifie souvent ramener un peu de moyens de coercition et d'essayer de trouver la juste dose de coercition qui nous semble acceptable en se disant des choses comme « Je ne vais pas taper sur la tête, trop humiliant, mais je vais taper sur les fesses » ou l'inverse « Je ne vais pas taper sur les fesses, trop « sexuel », je vais taper sur la tête ». Ou bien, je vais punir au coin, mais pas priver de télé, parce que priver de télé, c'est horrible alors que mettre au coin, c'est juste symbolique.Ou inversement, je vais priver de télé, mais ne pas mettre au coin, parce que isoler c'est vraiment horrible. Et finalement, on tombe dans une discussion à n'en plus finir (avec soi même ou les autres), à chercher le juste niveau de coercition, la bonne façon de punir mais pas trop durement.

En fin de compte, on en arrive à une solution qui n'en est pas une, qui est d'essayer de trouver un juste milieu, le juste degré de violence acceptable.

Oui parce qu'en réalité, c'est ça, quand on le dit avec des mots un peu directs.

Alors qu'en fait, la question, le problème ce n'est pas ça.

Le problème, la difficulté : c'est de faire la différence entre le respect des personnes, c'est à dire l'équidignité et la responsabilité.

Et quand on regarde la relation adulte/enfant de cette façon, avec équidignité et responsabilité, on n'a plus besoin de savoir quel est le juste degré de violence acceptable. Aucune violence n'est acceptable en réalité. Aucune, c'est simple. Ça ne veut pas dire qu'il n'y en aura pas, parce que dans la vie on ne réussit pas toujours (jamais ?) à faire, à chaque instant ce que l'on veut, mais ça veut dire qu'on n'a pas besoin de chercher le niveau acceptable à priori.

La responsabilité de l'adulte, dans la vision traditionnelle de l'éducation

Les éducateurs traditionnels seront d'accord que la responsabilité de l'adulte c'est essentiel. Traditionnellement l'adulte se sent responsable de ce que fait l'enfant. Mais ce que je vous propose aujourd'hui est différent, c'est un autre paradigme, une autre façon de voir que nous propose Jesper Juul avec ses 4 valeurs : équidignité, authenticité, intégrité et responsabilité.

Prenons des exemples : prenons le sommeil, la politesse ou la scolarité.

Traditionnellement, je me sens responsable que mon enfant dorme à vingt heures, parce que les bons parents font dormir leurs enfants à vingt heures.

Traditionnellement, je me sens responsable que mon enfant dise bonjour, s'il vous plaît, merci, au revoir et pardon, parce que les adultes responsables ont des enfants qui disent bonjour, s'il vous plaît, merci, au revoir et pardon.

Traditionnellement, je me sens responsable que mon enfant fasse ses devoirs, parce que les adultes responsables ont des enfants qui font leurs devoirs.

Et là, c'est le gros piège, parce que ces objectifs (enfants qui dorment à 20h, qui disent toujours merci …) sont des objectifs irréalistes. On ne peut pas être responsable de ce que fait quelqu'un d'autre. L'enfant reste toujours libre de dormir, toujours libre de dire merci, toujours libre de faire ses devoirs ou pas.

Si je veux lui faire faire, je vais être obligé·e, à un moment ou à un autre, d'arriver avec une contrainte, avec une punition, avec quelque chose de plus en plus fort si besoin. Et je ne suis pas du tout sûre que je vais y arriver en plus. Parfois, suivant les enfants et le contexte, pour y arriver, il va falloir monter très très très haut dans la violence. Je vais menacer, je vais moraliser, je vais punir, puis je vais punir plus fort, puis encore plus fort. Au bout d'un moment, je ne sais plus quoi faire. Et on a des parents qui disent « Je ne sais plus quoi faire avec cet enfant, parce que je l'ai puni et il continue. » En fait, il faut comprendre que l'enfant, c'est lui qui décide ce qu'il fait quoi qu'il arrive. Toujours. Même quand il décide de faire ce que vous voulez qu'il fasse.

L'autre défaut de se sentir responsable de que fait l'enfant, c'est que ça conduit à une relation « rôle - rôle ». C'est-à-dire que c'est pas une relation entre moi et ma fille, par exemple, Dominique et A. C'est pas une relation entre Dominique et A., c'est une relation entre une maman et une ado de 16 ans. Et finalement, on en arrive à essayer de construire une relation idéale entre le parent idéal qui fait exactement tout bien comme il faut, et l'enfant idéal qui réagit comme il faut. Donc, le parent idéal fait faire les devoirs. Et l'enfant idéal fait les devoirs. Le parent idéal fait dire merci. Et l'enfant idéal dit merci. Le parent idéal fait coucher son enfant à vingt heures. Et l'enfant idéal dort à vingt heures.

Le problème d'être dans ce rôle parent idéal/enfant idéal, c'est qu'on n'est plus dans les personnes.

Et notre enfant, de quoi a-t-il besoin ?

Il a besoin de nous. Votre enfant a besoin de vous. De vous en tant que personne, comme vous êtes. Il a besoin de vous connaître à vous. Il a besoin de connaître vos limites à vous, pour savoir jusqu'où il peut aller avec vous non pas avec le voisin ou avec le parent idéal.

Et c'est souvent pour ça que c'est quand on crie que ça se calme. Parce que quand on crie, on est, en général, en train de dire nos limites à nous. On a, d'abord, essayé d'être bienveillant, d'être comme ci, d'être comme ça, etc. On a essayé un rôle et puis au bout d'un moment quand on en ras-le-bol, on hurle. Et quand on hurle, on devient soi-même. Et c'est à ce moment-là que ça marche. C'est pas vraiment parce que je crie (un tout petit peu s'il est petit quand même, parce qu'il a peur). Mais dans l'immense majorité des cas, la raison pour laquelle il arrête quand je crie, c'est parce que quand je crie, je deviens moi-même et je dis clairement « là, moi, Dominique, je ne peux plus ».

Et quand je dis, « là moi, Dominique, je ne peux plus », mon enfant dit : « ah bon, d'accord. »

Alors qu'avant je disais en sous texte un truc comme « est-ce que tu veux bien ? Si tu es vraiment d'accord. Et si ça te dérange pas. Et si tu es bonne humeur. Et si je te l'ai dis gentiment. Et si j'ai écouté ton émotion. Alors est ce que tu veux bien ? Parce que ce serait bien quand même, peut-être, enfin je crois. ». Alors lui, il répond « ben pfff, peut être que ce serait bien ouais mais … non ». Ou alors, il sent que derrière le «ce serait bien que », en fait, il y a autre chose. Il se dit (de façon plus ou moins consciente) : « mais c'est quoi qui va pas là ? ». Et donc, il cherche. Il vous cherche. Il cherche votre limite à vous. J'en ai déjà beaucoup parlé dans l'article sur l'authenticité.

Bon là vous vous dites ok mais quelles sont les responsabilités de l'adulte alors puisqu'on ne peut pas avoir la responsabilité de ce que fait l'enfant ? Bonne question.

Alors quelle sont les responsabilités de l'adulte dans la relation adulte/enfant ?

La responsabilité de l'adulte n'est donc pas la responsabilité de ce que fait l'enfant. C'est tout simplement : la responsabilité de ce que fait l'adulte, de ce que je fais. Ça paraît évident mais concrètement on l'assume rarement, parce qu'on n'a pas été habitué à ça souvent.

J'ai la responsabilité de ce que je fais moi pas de ce que font les autres. Et ma responsabilité on peut la diviser en 3 responsabilités différentes.

La responsabilité personnelle

En premier, j'ai une responsabilité que j'ai dans toutes mes relations, mais dans celle que j'ai avec les enfants en particulier, ma responsabilité personnelle. C'est-à-dire, que je suis responsable de mes propres besoins. Je suis responsable de mes propres limites. Je suis responsable de mes propres valeurs, de mes propres émotions.

Qui est responsable de mes limites à moi ? C'est moi ! Qui est responsable de vos limites à vous ? C'est vous !

Une précision importante : responsable ne veut pas dire coupable. Responsable, ça veut dire que vous avez à faire des choses pour que ces limites soient respectées ou évoluent. Il n'y a pas qu'une solution pour ça, il y en a plein mais c'est vous qui êtes responsables de faire quelque chose pour ça. Ce n'est pas votre enfant qui est responsable de vos limites.

Ce qui signifie, entre autres, que si je souhaite que mon enfant fasse quelque chose, pour moi, pour mon bien, alors la première chose à faire est de l'assumer. Je veux qu'il aille se coucher tôt car j'ai besoin d'une soirée calme ? Et bien je peux le lui dire comme cela, plutôt que d'essayer de lui faire croire (de me faire croire ?) que c'est pour son bien à lui alors qu'il est un petit dormeur et que je sais qu'il n'a pas besoin de se coucher si tôt en réalité.

La responsabilité sociale

Le deuxième élément, c'est la responsabilité vis-à-vis de l'autre.

Nous avons la responsabilité sociale vis-à-vis de l'enfant. Ça veut dire quoi ?

Ça veut dire que nous avons la responsabilité de garantir son intégrité. Son intégrité physique, son intégrité émotionnelle, ses besoins, etc. Cela inclus de ne pas utiliser de violences envers lui. Cela inclus aussi le fait de garantir sa sécurité comme avec un siège auto adapté et dont l'usage n'est pas négociable.

Nous avons aussi la responsabilité de garantir sa responsabilité personnelle.

Revenons sur l'exemple du coucher. Je veux que mon enfant se couche à huit heures, mais lui, il ne veut pas. Qui a la responsabilité de dormir ? C'est lui-même ! Ce n'est pas moi qui dort. C'est lui qui dort. C'est sa responsabilité de dormir.

Est-ce que ça veut que moi je m'en fous et je ne fais rien ? Non ! Puisque j'ai la responsabilité de répondre aux besoins de l'enfant. J'ai donc la responsabilité de mettre en œuvre les conditions optimales pour qu'il puisse dormir suffisamment. Ce qui se traduit de mille façons différentes selon le contexte.

De même j'ai la responsabilité de mettre en œuvre les conditions optimales pour qu'il puisse faire ses devoirs. J'ai la responsabilité de mettre en œuvre les conditions optimales pour qu'il puisse être poli. J'ai la responsabilité de mettre en œuvre les conditions pour qu'il puisse manger équilibré, etc (par exemple grâce à des nudges lien).

Mais je ne peux pas lui faire faire. Dès que vous vous dites : « Je veux lui faire faire ... » : prenez une pause, réfléchissez à nouveau et regardez. Est-ce que vous ne pouvez pas travailler plutôt sur les moyens ? Qu'est-ce que je peux mettre en œuvre pour avoir une chance que peut-être il le fasse ?

Et la troisième responsabilité sociale c'est le passeur culturel, parce que mon enfant, il arrive dans une culture qu'il ne connaît pas. Il ne connaît pas les codes sociaux à la naissance. Cela inclut la politesse, mais pas seulement.

Il ne sait pas quels sont les codes et j'ai donc la responsabilité de lui transmettre ces codes, mais ça ne nécessite pas que je le prive de télé ou que je le menace. Là, c'est très facile d'imaginer comment on peut être passeur culturel sans faire ça. Il vous suffit d'imaginer que vous devez accueillir une personne étrangère qui ne connaît absolument pas la France, la Belgique ou le pays où vous habitez. Allez soyons fou, mettons que vous deviez accueillir un réfugié climatique, quelqu'un qui vient d'une tribu isolée dont l'île a été inondée. Cette personne qui ne connaîtrait donc pas du tout nos codes sociaux, nos habitudes : comment vous lui expliqueriez les choses ? Votre enfant n'a rien besoin de plus. Votre enfant a juste que vous mettiez des mots, du sens, sur les codes sociaux et que vous lui montriez comment faire, avec patience et pédagogie.

La responsabilité de la relation

La troisième responsabilité de l'adulte, c'est la responsabilité de la relation.

L'adulte a la responsabilité entière de la qualité de l'interaction entre l'adulte et l'enfant, parce que c'est une relation déséquilibrée.

L'adulte a plus de pouvoir, parce qu'il a plus de compétences. Parce qu'il est adulte et que l'autre est enfant.

Et du fait que la relation est asymétrique : l'enfant ne peut pas modifier la relation, il ne peut pas choisir le mode relationnel.

Prenons un exemple caricatural pour comprendre : si l'adulte a l'habitude de frapper l'enfant systématiquement dès qu'il y a un conflit, comment l'enfant peut changer ça ? Parce qu'un enfant peut, peut être, dire à sa façon « ça ne me va du tout ! » mais la façon de régler les conflits ne changera pas, si l'adulte ne change pas.

L'enfant ne peut pas venir dire « Maman, quand tu me tapes, chaque fois que tu n'es pas d'accord avec moi, je me sens agressé·e. Est-ce que tu voudrais changer de façon d'être en relation avec moi s'il te plaît ? Sinon je me demande si notre relation peut continuer. » Si un enfant de dix-huit mois dit ça : prévenez-moi ! Mais je crois que ça n'arrivera jamais. Parce qu'un enfant n'a pas le pouvoir de faire ça. Il est totalement dépendant de l'adulte. Il n'a aucune solution. Il est obligé de s'adapter aux modes relationnels que lui propose son parent.

Donc, le parent est responsable de la relation.

Ce qui veut dire que si la relation devient difficile, tendue, crispée, ce qui peut arriver quand l'enfant grandit par exemple, c'est à l'adulte de faire quelque chose pour que ça change. Ça ne signifie pas que l'adulte est coupable de ce qu'il se passe. Ça signifie simplement que l'adulte est responsable de faire quelque chose pour que ça change.

Dans la relation, le parent est responsable de mettre en œuvre ce qu'il faut pour que ça se passe le mieux possible et pour réparer, s'il y a besoin. Mais pas que la relation soit sans accros.

Responsabilité personnelle : s'assumer soi même.

Responsabilité sociale : garantir l'intégrité, la sécurité, le respect de la responsabilité personnelle de son enfant, être un passeur culturel.

Responsabilité de la relation : mettre en œuvre ce qu'il faut pour une relation de qualité avec l'enfant.

Voilà les clés que je vous propose pour construire vos choix éducatifs. La question du laxisme ou de l'autoritarisme ne se pose plus dans ce contexte, dans ce changement de regard.

Le laxisme ne permet pas d'assumer le respect des besoins de l'enfant, ni des nôtres : céder à tout sans prendre du recul, par facilité, c'est ignorer d'abord nos propres besoins, nos limites et donc ne pas assumer notre responsabilité personnelle. C'est aussi souvent, quand l'enfant grandit, ne pas répondre non plus à ses besoins à lui, ne pas assumer notre responsabilité sociale : quand son immaturité fait qu'il ne réalise pas les risques qu'il prend, ou qu'il n'arrive pas à faire gérer ses envies qui le guident au petit bonheur la chance. Souvent les enfants dans ce cadre là vont « provoquer », non pas parce qu'ils voudraient prendre le pouvoir et auraient besoin d'être « remis à leurs places », mais parce qu'ils sentent que l'adulte ne se respecte pas et qu'ils … le cherchent ! Au sens propre. Ils veulent savoir où est cet adulte, où sont ses limites, sinon comment vivre ensemble ?

L'autoritarisme n'est pas non plus une façon d'assumer nos responsabilités. Souvent cette posture amène à justifier nos limites par « le bien de l'enfant » et ainsi ne pas assumer la responsabilité personnelle de nos limites. De plus, cette posture amène à utiliser des moyens de contrainte qui glissent vite vers la violence et ainsi, ne pas respecter l'intégrité de l'enfant et donc notre responsabilité sociale vis à vis de lui. La relation se dégrade alors souvent et l'autoritarisme nous interdit alors de modifier notre approche pour améliorer la relation, et d'ainsi assumer la responsabilité de la relation.

Comment les 3 responsabilités de l'adulte peuvent elle nous aider à faire des choix éducatifs ?

Et bien en nous servant de guide pour trancher grâce à des questions comme :

Quand je fais/dis cela, est ce que :

  • j'assume mes limites personnelles ?

  • je prends soin de mes besoins quand je fais/dis cela ?

  • je respecte l'intégrité physique et psychologique de mon enfant ?

  • je garantis le respect de la responsabilité personnelle de mon enfant ?

  • je permet le développement d'une relation de qualité avec mon enfant ?

 

Publié le 06 novembre 2019 par Dominique Vicassiau Emotions Et Relation


Ajouter un commentaire


Loading