Quand votre enfant pleure, crie, a un problème : que faire ?

Votre enfant râle, pleure, crie, se plains, demande de l'aide, s'énerve, se tait, « se fait remarquer » ….

Bref, votre enfant a un problème.

Peut être que vous lui avez dit non.

Peut être que ça se passe mal à l'école.

Peut être qu'il est contrarié parce qu'il pleut.

Peut être que vous ne savez pas du tout ce qu'il a.

Dans tout les cas, une question se pose : quoi faire ou quoi ne pas faire ?

Contrairement à ce que l'on peut parfois lire, il n'y a pas une réponse unique.

Aujourd'hui, je veux vous présenter un ensemble d'outils, qui peut vous aider à réagir dans ces cas là, sachant que comme toujours, la base c'est vous : votre authenticité, votre responsabilité, vos objectifs. Aucun outil ne sera utile ou efficace si vous ne commencez pas par revenir à vous et faire le point sur ce que vous voulez vraiment à ce moment là.

Avant de vous proposer ces familles d'outils, je voudrais revenir sur nos réactions habituelles, réflexes, qui peuvent bloquer la communication et avoir de nombreux inconvénients.

Je vais vous proposer ici la classification de ces réponses proposée par Thomas Gordon.

Les 12 réponses typiques, par Thomas Gordon

Je vais prendre un exemple de situation où l'enfant a un problème, prenons le cas d'un enfant qui dirait :

J'en ai marre, je déteste mettre la table. C'est pas juste. Pourquoi c'est pas toi qui le fait ? Chez Antoine, ce sont les parents qui mettent la table. Les parents d'Antoine ils ne demandent pas à leurs enfants de tout faire !

Voici les 12 réponses typiques qui sont habituellement faites à l'enfant :

  • Donner des ordres, diriger, commander. Dire à l’enfant de faire quelque chose, lui donner un ordre ou un commandement. : « Tu exécutes et c'est tout.»
  • Menacer, avertir, mettre en garde : «Continues à te plaindre comme ça et tu montes dans ta chambre.»
  • Moraliser, prêcher, faire la leçon : «Chacun doit faire sa part et participer à la vie de famille.»
  • Conseiller, donner des solutions toutes faites : «Tu n'as qu'à demander à ta sœur de t'aider. Fait le avec bonne humeur, ça ira tout seul»
  • Argumenter, expliquer, persuader par la logique (informations, faits, opinions) : «Essayes de comprendre que je ne peux pas tout faire dans la maison.»
  • Juger,critiquer, être en désaccord, blâmer, porter un jugement négatif sur l'enfant : «Tu n'es pas serviable.»
  • Complimenter, être d'accord, évaluer positivement, approuver : «Tu es un grand garçon et je sais que tu es capable de faire ça.»
  • Étiqueter, dire des noms, ridiculiser, faire honte, insulter : «Tu n'es qu'un enfant paresseux.»
  • Interpréter, « psychanalyser », diagnostiquer : «Je pense que tu es de mauvaise humeur aujourd'hui à cause de ce qui s'est passé avec ton copain, c'est pour ça que tu dis ça.»
  • Consoler, rassurer, sympathiser, soutenir, nier ses sentiments : « Pour le moment, tu es contrarié mais ça va aller mieux.»
  • Questionner, enquêter, interroger, chercher des motifs, des causes, des raisons : «Pourquoi ne veux-tu pas mettre la table ce soir ? Qu'est-ce qui t'arrive ? Es-tu certain que tes copains ne soient pas obligés d'aider chez eux ?»
  • Esquiver, distraire, faire de l'ironie, faire de l'humour, des blagues : «Mon garçon, tes parents sont de vrais bourreaux d'enfants !»
  • Toutes ces réponses bloquent la communication et limitent fortement la résolution de la difficulté dans l'équidignité.

Alors comment faire autrement ?

Quels sont les outils aidants quand mon enfant a un problème ?

Vous pouvez chercher à : répondre à son besoin.

Pensez d'abord aux besoins de base, que l'on oublie souvent sur le moment mais qui peuvent créer facilement de l'irritabilité (et pas seulement pour les enfants!) : faim, soif, sommeil, besoin de stimulation, chaud, froid, etc …

Après, en fonction de la situation, vous pouvez chercher le besoin de votre enfant et vérifier si il peut être rempli.

Dans le fond, tous les problèmes correspondent à des besoins, mais cette approche des besoins ne nous permet pas toujours de trouver les solutions, parfois les besoins sont trop mélangés, cachés, indirects ...

Vous pouvez aider votre enfant …

Cela paraît logique, il a un problème : vous l'aidez.

Attention cependant, parfois aider trop vite, trop souvent, va avoir un très gros inconvénient : vous transmettez à votre enfant le message « Tu ne peux pas faire seul » et ça, c'est pas votre objectif n'est ce pas ?

Alors avant de l'aider, demandez vous :

  • si c'est un risque grave, imminent, ou pas,
  • si il vous demande explicitement de l'aide, ou pas.

Selon le contexte, vous pouvez alors essayer de :

  • lui retourner une question « Que penses tu que tu pourrais faire ? »
  • lui proposer de chercher des ressources extérieures ,
  • lui dire qu'on a confiance en lui pour trouver une solution,
  • reconnaître la difficulté : « c'est vraiment difficile de faire ses lacets »,
  • lui faire préciser l'aide souhaitée et l'aider concrètement.

Vous pouvez écouter votre enfant, tout simplement

Très souvent un enfant qui pleure ou qui n'est pas content a simplement besoin d'une écoute attentive et bienveillante. Commencer par ça, c'est lui faire confiance pour supporter les moments désagréables de la vie et pour régler lui même ses problèmes.

Si vous choisissez d'écouter, vous pouvez le faire en :

  • Lui donnant votre attention : écouter sans rien dire,
  • Utilisant des « accusés de réception » : ah oui, mmh, je vois ..
  • Utilisant des invitations à en dire plus « Que veux tu dire quand tu dis … ? »
  • Utilisant des phrases échos : redire la même phrase
  • Utilisant les reformulations et les résumés
  • Validant votre compréhension : Ce que tu veux dire, c'est que …, c'est bien ça ?

Envie d'en savoir plus ? Envie d'apprendre comment le mettre en place dans votre famille ?

C'est la prochaine thématique sur le club des Parents Confiants !

 

 

Publié le 17 janvier 2020 par Dominique Vicassiau Comprendre, Choisir, Changer : La Relation éducative


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