Moi ou les autres ? Comment choisir ?

Jesper Juul parle de "coopération subie" versus "coopération choisie". Quelle différence cela fait il ? Un article pour faire le point.

La coopération subie c'est quand nous nous agissons en fonction des autres, sans en avoir conscience ou en n'étant pas vraiment d'accord. C'est typiquement le cas lorsque que nous disons oui en nous sentant obligé.e, quand nous nous opposons pour exister, quand nous participons à un jeu relationnel aussi, vous savez ces situations où chacun joue son "rôle" habituel et qui se répètent jour après jour ?

La coopération subie est une coopération qui est coûteuse en énergie pour nous, car cela se fait au dépend de notre intégrité.

Face à une situation qui nous met devant le choix : préserver mon intégrité (=mes besoins, mes valeurs, mes limites) ou coopérer (=m'adapter ce qui peut se faire en me conformant, m'opposant, m'accordant ...), nous avons le choix pour préserver notre énergie :

- assumer d'abord notre responsabilité personnelle en choisissant de préserver notre intégrité : nos besoins, nos valeurs, nos limites. A ce moment là, notre responsabilité sociale (=envers les autres) sera engagée dans la façon dont nous poserons notre limite,

- choisir d'assumer d'abord notre responsabilité sociale et donc de coopérer. Cela devient alors de la coopération choisie. A ce moment là, notre responsabilité personnelle sera engagée dans la façon dont nous assumons et prenons soin nous même de nos besoins.

Un exemple ?

Un ami vous demande un service : pouvez vous garder sa fille cet après midi ? En effet, sa fille est malade, sa femme est en déplacement professionnel. Il a posé sa matinée mais cet après-midi il a une réunion inratable. Vous ne travaillez pas aujourd'hui et vos enfants sont à l'école mais vous avez prévu d'en profiter pour faire tout ce que vous ne pouvez pas faire quand vos enfants sont là : vous reposer et avancer votre longue to do list. Votre ami se propose de vous déposer sa fille vers 13 h ça ira ?

Dans cette situation, vous êtes face au conflit entre intégrité et coopération. Est ce que vous devez donner la priorité à vos besoins, vos limites et refuser ? Ou bien donner la priorité à la coopération et accepter ?

La façon classique de résoudre cette question est de faire appel à des codes, des rôles, une morale. "Il faut rendre service et ne pas être égoïste" s'oppose alors à "il faut prendre soin de soi pour pouvoir prendre soin des autres". Ce qui se résous rien du tout.

Si vous dites oui "parce qu'il faut rendre service" alors vous êtes dans la coopération subie. Cela consommera votre énergie et sera mauvais pour la relation.

Vous pouvez aussi choisir de regarder en vous ce que cela vous fait de dire oui, de dire non. A quoi chaque réponse répond comme besoin pour vous : besoin de repos, besoin de coopération, besoin de réalisation (de votre to do list), besoin de contribuer, etc ... Par exemple en prenant un temps d'autoempathie.

Et puis vous choisissez.

Vous pouvez choisir de dire non et c'est ok. Vous donnez alors, cette fois là, la priorité à votre responsabilité personnelle. Votre responsabilité sociale, vis à vis de votre ami, sera alors dans la façon dont vous lui direz ce non et dont vous accueillerez sa réaction.

Vous pouvez choisir de dire oui et c'est ok. Vous donnez alors, cette fois là, la priorité à votre responsabilité sociale. Votre responsabilité personnelle, vis à vis de vous même, sera alors dans la façon dont vous choisirez de répondre autrement à vos besoins propres.

Et en pratique, ça donne quoi ?

Je vous propose de commencer par observez dans les différentes situations qui se présentent à vous sur un ou plusieurs jours : quelle est votre responsabilité personnelle et quelle est votre responsabilité sociale. Ne changez rien à votre façon d'agir, juste demandez vous : et là quelle est ma responsabilité personnelle ? et ma responsabilité sociale ?

Vous vous rendrez compte que la plupart du temps, le simple fait de devenir conscient du choix qui s'offre à vous vous aide à choisir.

Publié le 11 décembre 2017 par Dominique Vicassiau C'est La Vie (ou Pas)


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