Les émotions c'est comme les couteaux suisse : ça peut être utile.

Cet article est le premier d'une série qui parlera des émotions.  -------------------------------------------------------------------------------------------------

Oui j'ai remarqué, qu'aujourd'hui, on est samedi, pas vendredi. Cet article aurait du paraître hier, vendredi. J'avais passé du temps à l'écrire, le relire, le mettre en forme, choisir la photo. Il était prêt. Il était seulement 17h en plus, j'avais fait vite et j'allais donc pouvoir le poster et profiter de la fin de l'après-midi pour préparer le repas, passer du temps avec ma famille au lieu de les laisser gérer sans moi. J'ai fait « enregistrer et envoyer ». Et … ça m'a demandé de me reconnecter. Et après m'être reconnectée … j'avais tout perdu. D'habitude, je fais toujours une copie sur mon ordinateur avant, là toute concentrée pour aller vite, j'ai oublié.

Plus rien. Tout à refaire. Et les enfants et mon amoureux sont arrivés, je n'avais pas du tout envie de recommencer.

Comment je me suis senti ?

Quand j'avais fini l'article, j'étais pleine de joie. Parce que je ne pensais pas réussir à finir si vite.

Quand j'ai compris qu'il était perdu, je me suis exclamée : « Purée, c'est pas vrai ! ». J'étais en rage. Parce que je pensais avoir fini, que j'avais investi de l'énergie et que tout était perdu. J'étais stupéfaite et en colère contre le fonctionnement de mon site internet, contre moi qui n'avais pas enregistré une copie et impuissante à régler le problème. Colère + impuissance = rage.

De suite après, j'étais dégoûtée. C'était vraiment injuste, j'ai travaillé, j'étais à l'heure et tout était perdu en un clic.

Et puis je me suis senti triste, c'était fini, je ne pouvais pas récupérer l'article, il allait falloir le recommencer. Je n'avais plus d'énergie ni d'élan.

J'ai posté sur mon mur et une copine m'a écrit « Vendredi, c'est l'émotion ? Tu peux te servir de ta mésaventure comme point de départ. Tu auras peut-être moins l'impression de "perdre" ton temps ainsi qu'en retapant ce qui a été perdu. ».

Et je me suis à nouveau senti pleine d'espoir et de joie : quelle bonne idée !

Nous ressentons toute la journée des émotions. Tout le temps. Comment vous sentez vous là maintenant, pendant que vous lisez ces lignes ? Agacé.e par ma question ? Heureux de lire cet article ?

Nos émotions nous font peur. Nous essayons de les maîtriser.

Maîtriser nos émotions. Gérer nos émotions. Qu'est ce que cela veut dire ? Cela veut souvent dire les retenir, les taire, les minimiser et même parfois éviter de les ressentir.

Pourquoi faisons nous cela ? Parce que nous avons tous l'expérience d'un jour où nous avons craqué, crié, fait et dit des choses que nous avons regretté ensuite, blessé des personnes que nous n'aurions pas voulu blesser.

Alors fort logiquement, on se dit qu'il ne faut pas se laisser diriger par nos émotions, pour éviter ces moments là.

Est ce que ça fonctionne ? Au début, oui. Quelque chose nous agace, on se retient de dire quelque chose, on sourit. Mais petit à petit, nous accumulons et à un moment : la dernière goutte vient faire déborder le vase.

Cela fonctionne comme une carte de fidélité : à chaque émotion non prise en compte : paf on met un tampon dans une case, ou une goutte dans le vase. Et quand la carte est pleine, ou le vase rempli, celui qui tamponne la dernière case, qui verse la dernière goutte gagne le gros lot : la crise !

Je détaillerai ce fonctionnement dans un autre article, aujourd'hui je veux simplement vous faire remarquer que retenir ses émotions amène souvent aux crises « émotionnelles » ingérables que l'on veut justement éviter.

Mais alors, allez vous me dire : il faut toujours tout dire à tout le monde ?

Pas forcément. Vos émotions sont un message, un signal, et le destinataire de ce message, de ce signal : c'est vous.

D'ailleurs parfois, il arrive, comme dans mon histoire d'article de blog perdu, que ça ne soit pas ce qu'une personne a fait qui déclenche une émotion chez nous, mais quelque chose qui est arrivé. Personne n'a supprimé mon article. Je ne pouvais donc pas exprimer ma rage envers quelqu'un. (Non, non, votre ordinateur n'est pas une personne …)

Nos émotions nous parlent à nous et elles nous parlent de nous.

Nos émotions sont des signaux. Des signaux qui nous indiquent que ce qui est arrive est différent de ce à quoi nous nous attendions.

Ce n'est pas d'avoir perdu mon article qui m'a successivement mise en colère, dégoûtée et rendue triste. C'est de l'avoir perdu alors que je pensais l'avoir fini.

Vous en doutez ?

Imaginons que j'ai eu la possibilité de savoir à l'avance que j'allais perdre mon article. Mettons par exemple, que ça soit systématique : à chaque fois que j'écris un article, je le perds et je recommence. C'est comme ça que ça fonctionne, c'est une technique de créativité. (Pourquoi pas ?).

Aurais je ressenti les mêmes émotions ? Non.

Si j'avais su que j'allais perdre mon article, je n'aurais pas été triste, ni dégoûtée au moment où ça serait arrivé. J'aurais juste continuer tranquillement, comme c'était prévu, c'était normal que ça arrive. Pas de rage, pas de tristesse.

Nos émotions nous parlent donc de nous. De nos attentes et de nos besoins.

Si j'ai besoin de calme, je suis agacée par les rires et les cris de mes enfants qui jouent.

Si j'ai besoin de légèreté et de jeu, je suis dérangée par le calme de la sieste.

Écouter le signal de nos émotions, comprendre et choisir ce que nous ferons.

Nos émotions sont comme un signal sur un tableau de bord : elles nous informent de quelque chose. Chaque émotion est un signal d'une certaine couleur et elle nous parle de quelque chose de différent, comme chaque signal sur le tableau de bord nous parle de pour l'un du réservoir d'essence et pour l'autre de l'usure des freins.

Est ce que quand le signal s'allume sur mon tableau de bord pour m'indiquer que je suis sur la réserve, ou quand une alarme incendie sonne, je me demande « comment gérer ce signal ? » ? Est ce que je cherche à cadrer ce signal, à le faire taire, à ne pas le laisser s'allumer ou sonner trop fort ?

Non. Je cherche à comprendre ce qu'il se passe. Je regarde la couleur du signal, je pousse ce qui est posé devant et qui gène si nécessaire. J'écoute le son de cette alarme pour savoir ce qu'elle me dit.

Puis, avec l'information donnée par ce signal, j'analyse la situation et je prends une décision.

Si le signal sur le tableau de bord m'indique que je suis sur la réserve, je réfléchis à quelle distance est la prochaine station service et quel trajet j'ai à faire avant de décider quand je ferais le plein. C'est, en général, plus efficace que de poser un mouchoir sur le signal qui s'allume.

Si une alarme incendie sonne, je cherche laquelle et je regarde la situation avant de décider. Par exemple, chez moi, quand une alarme incendie sonne, mon amoureux en conclue que je suis en train de cuisiner et qu'il n'est donc pas utile de faire sortir tout le monde dehors, sortir la casserole suffira.

Dans les prochains articles, je vous parlerais de chaque émotion, les agréables comme les désagréables, et je vous expliquerais à quoi chacune nous sert. Car toutes nos émotions sont utiles, très utiles même. Oui même la colère ou la tristesse. On en reparle chaque vendredi.

Et concrètement, qu'est ce que ça change ?

Je vous propose un petit exercice : quand vous ressentez une émotion et que vous avez envie de la maîtriser dans le sens la faire taire, prenez un temps pour la regarder, la reconnaître et lui parler gentiment en lui disant quelque chose comme « Coucou ma colère, merci de venir me dire ce que tu as à dire. Qu'est ce que tu voulais me dire ? ».

Dites moi ce que ça change en commentaire.

Et si vous voulez savoir ce que je vous propose pour vous aider à gérer vos émotions, et surtout pourquoi je vous le propose : c'est ici !

 

 

Publié le 13 janvier 2018 par Dominique Vicassiau Émotions : En Faire Vos Alliées


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