La punition est un impératif moral, une idée qui nous pousse à punir

Pendant tout le mois de décembre 2018, je vous parle des mythes qui nous empêchent d'être le parent que nous avons envie d'être. Les précédents articles :

  "Il parait qu'on ne peut pas faire confiance aux enfants ..." 

"En éducation, soit c'est noir, soit c'est blanc ...vraiment ?" ,

 "Les enfants sont toujours capables de faire ce qu'on leur demande de faire" 

 "Je suis seul responsable de l'éducation de mes enfants ... ou pas ?"

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En lisant le texte du mythe d’aujourd’hui, vous vous êtes peut être dit que non ça vous le pensez pas du tout.

J’ai alors une question à vous poser : pensez vous qu’il est juste qu’un criminel aille en prison pour qu’il paye sa dette à la société ?

C’est ça la question en fait. Et c’est cette idée là qui peut nous amener à avoir des attitudes punitives parfois, quand vraiment nous sommes blessés, quand nous trouvons que notre enfant “est allée trop loin”.

C’est ça que ça veut dire : la punition est un impératif moral.

C’est l’idée, je cite Alfie Kohn “que lorsqu’un individu fait quelque chose de mal il doit lui arriver quelque chose de mal en retour” et cela “même si c’est un petit enfant”.

Alfie Kohn nous explique ensuite :

“Peut importe de savoir si les punitions marchent, si elles enseignent une quelconque leçon utile ou encore si elles sont un rapport constructif aux valeurs ou aux comportements des enfants. Beaucoup de parents continuent à les utiliser parce qu’ils voient les punitions comme un impératif moral. De fait, dans notre culture, vous nagez vraiment à contre-courant si vous choisissez de réagir au comportement inapproprié d’un enfant autrement qu’en lui infligeant des conséquences déplaisantes.”

Contrairement à l'idée que “La punition modifie durablement le comportement”, l’idée que la punition est un impératif moral ne peut pas être déconstruite par des faits, des études, de la connaissance.

Les punitions n’éduquent pas, elles ne permettent pas de réfléchir à ses actes et de comprendre pourquoi tel ou tel comportement est un problème pour les autres. On peut prouver cela.

Mais nous ne pouvons pas répondre par des études à “les punitions sont elles un impératif moral ? “. C’est une question morale, de choix de société. Ce n’est pas une question de faits contrairement à “les punitions marchent elles ?” ou “les punitions ont elles un impact négatif sur ce qui les subissent ?”.

Du coup, aujourd’hui nous vous proposons un mythe qui n’en est pas vraiment un, non pas que cette phrase soit vraie hein, mais elle n’est ni vrai ni fausse, chacun peut choisir ce qu’il souhaite en penser.

Alors pourquoi vous en parler ? Parce que penser “la punition est un impératif moral.” va vous compliquer la vie si vous avez décidé de ne pas punir parce que vous vous dites que si ça comporte des risques pour l’enfant, que ça n’est pas plus facile avec que sans, que ça n’est pas efficace .

Quelque part au fond de votre tête, cette idée de la punition comme un impératif moral va resurgir quand vous serez fortement touché par une attitude de votre enfant : quand vous serez très blessé.e, quand vous aurez très honte, quand vous serez infiniment triste pour une tierce personne, quand vous serez vraiment déçu par un choix de votre enfant qui ne respectera pas vos valeurs les plus profondes.

Dans ces moments là, vous serez tenté de choisir une attitude punitive. Et la société vous soutiendra dans cette idée.

Je ne suis pas là pour vous dire quoi faire. Ca sera à vous de choisir. Nous vous proposons simplement de prendre le recul de savoir pourquoi vous faites un choix ou une autre et quelles pourraient être les conséquences, pour votre enfant, pour votre relation avec vous et pour vous aussi. Si une part de vous pense que les punitions sont parfois un impératif moral et une autre part de vous pense que les punitions sont blessantes et pas éducatives, aucun choix ne sera confortable pour vous, il vous faudra finalement choisir votre risque et votre douleur.

C’est pour cela que cette idée est dans le calendrier, car le but du calendrier des mythes est de “ choisir vraiment notre façon de vivre la relation à nos enfants”, et que prendre du recul sur ce que l’on pense de ça peut contribuer à nous rendre plus libre de choisir ce qui nous semblera le plus juste pour nous.

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Cet article est paru pour la première fois dans le cadre du calendrier de l'avent sur les mythes éducatifs offert sur ma page et sur celle de Vicky Brougiannaki en Décembre 2018 :

 

Publié le 13 décembre 2018 par Dominique Vicassiau Et aussi…


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