Je suis seul responsable de l'éducation de mes enfants ... ou pas ?

Quatrième article sur les mythes qui nous empêchent d'être le parent que nous avons envie d'être après les 3 premiers qui parlaient des mythes :  "Il parait qu'on ne peut pas faire confiance aux enfants ..." et "En éducation, soit c'est noir, soit c'est blanc ...vraiment ?" , et "Les enfants sont toujours capables de faire ce qu'on leur demande de faire"

Aujourd'hui le mythe du jour est : 

Je suis seul·e responsable de l’éducation de mon enfant. 

Ou plutôt “Les parents sont les seuls responsables de l’éducation de leur enfant.”

Cette idée là est très répandue dans la société, en particulier chez les parents mais pas seulement.

En tant que parent, la société, les autres, attendent de nous que :

  • nous devinions quand nos enfants gênent quelqu’un d’autre et que, bien sûr, nous intervenions,
  • nous trouvions une solution pour que nos enfants se comportent de façon attendue … même quand nous ne sommes pas là, à l’école par exemple,
  • nous soyons un relais des demandes des autres adultes quand ils ne sont pas là (faire les devoirs, appeler mamie …)
  • etc

Et en tant que parent, nous nous sentons fréquemment responsable de :

  • tous les besoins de nos enfants,
  • 100% de l’apprentissage social de nos enfants : la politesse, les codes sociaux,
  • de l’attitude des autres adultes avec nos enfants ou plutôt (mais c’est presque pareil) : de vraiment bien choisir les adultes à qui nous confions nos enfants. C’est à dire souvent choisir des adultes qui se comporteraient d’une façon au moins aussi respectueuse que nous. Au moins.
  • de transmettre nous-même à nos enfants les valeurs nécessaires à une société meilleure,
  • d’accompagner nos enfants dans toutes leurs difficultés de vie pour les aider à les dépasser,
  • etc, etc ...

Finalement, nous pensons qu’en tant que parent, nous sommes responsables du bonheur de nos enfants aujourd’hui et de leur capacité au bonheur demain. Et de leur santé, et de leur sécurité.

Et de leur sociabilité aussi. Et de leur réussite, quoique chacun mette derrière ce mot.

Rien que ça !

 Et si on posait la question : et les autres adultes alors, de quoi sont-ils responsables dans cette histoire ?

Lorsque le comportement de notre enfant dérange un adulte, est ce qu’il ne serait pas plus logique que cet adulte assume son propre problème et intervienne lui-même au lieu d’attendre que nous le fassions ?

Est ce que cela ne nous soulagerait pas de la peur que notre enfant “se comporte mal” ?

Cette peur nous rend souvent tendu·e·s quand nous sommes en famille par exemple ou au supermarché et du coup que faisons-nous ? Nous sur-réagissons, nous demandons à notre enfant bien plus d’efforts que d’habitude “au cas où ça dérangerait quelqu’un”.

Et si, lorsque nous confions notre enfant à un autre adulte, nous lui laissions vraiment la responsabilité de la relation avec notre enfant ? Pour le meilleur et pour le pire.

Bien sûr que nous pouvons accueillir les frustrations, les incompréhensions, les révoltes éventuelles de notre enfant quand il rentre. Bien sûr que nous pouvons intervenir quand c’est vraiment trop mais si on partait sur la confiance ? Est ce que ça ne nous soulagerait pas ?

Confiance dans les autres adultes et … confiance en notre enfant. Pour s’adapter, pour réagir, pour nous demander de l’aide si besoin.

Si notre enfant nous raconte un moment difficile : pourquoi ne pas commencer par lui demander si il a besoin d’aide ou si il veut juste en parler ?

Quoique nous fassions de toute façon, notre enfant ne grandira pas que par nous. Les autres, la vie, l'influenceront et n’est-ce pas une bonne chose ?

Nous ne sommes pas responsables de tout ce que notre enfant fait, de tout ce qu’il vit. Nous ne sommes pas seul responsable de son éducation.

Assumons nos responsabilités, en particulier la responsabilité de la relation entre nous-mêmes et notre enfant, mais redonnons aux autres leurs responsabilités : aux autres adultes et à notre enfant lui-même.

Bien entendu, cette attitude va dépendre de l’âge de l’enfant et du contexte où je peux ou pas le confier. Mais posons-nous la question de la confiance plutôt que celle de la défiance. Et prenons le soutien que l’on nous propose. Pour ne pas craquer en chemin sous le poids de trop de responsabilité sur nos épaules.

Que pensez vous de ce mythe ? Vous y croyez ou pas ? Pourquoi ?

Et dans votre éducation et votre enfance à vous, qui d’autre que vos parents a eu une influence importante ? Et qu’est ce que vos parents en pensaient ?

En se penchant sur notre expérience d’enfant, nous pouvons nous rappeler que les parents ne sont pas toujours les seules sources d’éducation … et que c’est très bien comme ça !

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Cet article est paru pour la première fois dans le cadre du calendrier de l'avent sur les mythes éducatifs offert sur ma page et sur celle de Vicky Brougiannaki en Décembre 2018 :

 

Publié le 08 décembre 2018 par Dominique Vicassiau Et aussi…


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