En éducation : soit c'est noir, soit c'est blanc ... vraiment ?

Pour choisir vraiment notre façon de vivre la relation à nos enfants et parce qu'il n'y a pas que le père Noël qui n'existe pas : je continue avec les mythes qui nous pourrissent la vie en éducation. Le premier est ici : "On ne peut pas faire confiance aux enfants !"

Aujourd'hui, le mythe du jour c'est : En éducation : soit c’est noir, soit c’est blanc. 

Surement qu’en lisant l’image aujourd’hui, vous vous êtes dit : mais de quoi elle parle là ?

Et bien je parle de faux dilemmes : vous savez ces situations où on croit (ou bien où on nous fait croire) qu’il n’existe qu’un nombre de choix limité et où, en général, un choix ne donne clairement pas envie et du coup … il n’y a plus de choix !

Deux exemples qui peuvent nous donner du fil à retordre dans nos choix éducatifs :

Un exemple souvent donné par certains pour vous pousser à punir :

Et que vous pouvez aussi parfois vous dire à vous même, si vous y croyez au moins un peu.

En fait, soit tu élèves tes enfants en les punissant pour poser des limites, soit tu dis oui à tout et tu deviens carrément négligent !

 

Et comme personne n’a envie d’être négligent ... ce faux choix nous donne l’impression qu’il “faut” choisir de punir.

Mais c’est un faux choix bien sur.

D’abord il est possible de ne pas être négligent sans punir, et ensuite on peut être négligent tout en punissant !

Dans cette famille-là, vous avez aussi le fameux trilemme, très classique chez pas mal d’auteurs et de vendeurs de méthodes éducatives : 

Tu as 3 solutions avec tes enfants : soit tu es autoritariste (et tes enfants vont souffrir), soit tu es laxiste (et tes enfants vont souffrir), soit tu appliques ma méthode XXX. 

Euh, vous le voyez le piège là ? 

Un autre exemple, dans notre façon de regarder le comportement des enfants :

C’est le fameux :

“Mais t’es bête ou tu le fais exprès ?” 


Même si nous ne le disons pas toujours comme cela à nos enfants, c’est un faux dilemme qui revient souvent dans nos têtes de parents : est-ce qu’il me provoque ou est-ce qu’il n’a rien compris ?

Peut être que vous ne voyez pas bien en quoi c’est un faux dilemme et c’est compréhensible. C’est donc le moment de se demander :

Comment reconnaitre un faux dilemme ?

Pour reconnaître un faux dilemme, appelé aussi “pensée en noir et blanc” :

  1. Est ce que le nombre de choix est limité ?
  2. Est ce que les 2 choix (ou +) peuvent être vrais en même temps ?
  3. Est ce qu’il est possible qu’aucun des 2 choix ne soit vrai ?

Si vous obtenez 3 oui : vous êtes sûrement face à un faux dilemme et cette pensée en noir et blanc ne va pas vous aider à être libre de vos choix éducatifs.

Regardons le choix “Est ce qu’il se moque de moi ou est ce qu’il n’a rien compris ?” dans le cas, par exemple d’un enfant qui continue de jouer au moment de partir à l’école alors qu’on lui a bien expliqué les conséquences d’un retard.

Est ce que le nombre de choix est limité ?

Oui on n’envisage que 2 options : provocation ou incompréhension. 

Alors qu’il est possible par exemple : qu’il n’ait pas entendu, qu’il ne sache pas comment arrêter un jeu si chouette, qu’il soit trop jeune pour être capable de se frustrer lui-même, qu’il ait eu l’expérience hier à l’école que la maîtresse est très gentille avec les enfants qui arrivent en retard, qu’il n’ait pas la notion du temps, qu’il n’ait pas envie d’aller à l’école et n’ose pas le dire, que le fait de traîner jusqu’au dernier moment fasse finalement partie de votre rituel de départ etc, etc ….

Est ce que les 2 choix (ou +) peuvent être vrais en même temps ?

Tout à fait. Une personne peut très bien ne pas avoir bien compris ce qu’on lui demande et provoquer la figure d’autorité qui demande. Ce n’est pas contradictoire. J’ai écrit “une personne” car en réalité, les enfants jeunes sont incapables de provoquer au sens où on l’entend d’habitude. 

Est ce qu’il est possible qu’aucun des 2 choix ne soit vrai ?

Effectivement c’est possible. Il est possible qu’il ne provoque pas tout en ayant compris, comme on le voit dans la liste des autres options.

Que faire quand je me rends compte que quelqu’un me pose, ou “pire” que je me pose un faux dilemme, que je suis enfermée dans une pensée en noir et blanc ?

Et bien mettre de la couleur ! En commençant par lister toutes les autres solutions possibles vous verrez souvent que ça soulage la tension intérieure créée par le faux choix que l’on s’impose.

Je vous propose donc, pour la journée d'aujourd’hui, dès que vous vous surprendrez à vous dire “soit …. soit ….”, faites pause et posez-vous les 3 questions : est ce que le nombre de choix est limité ? est ce que les 2 choix (ou +) peuvent être vrais en même temps ? et est ce qu’il est possible qu’aucun des 2 choix ne soit vrai ? Et ... listez toutes les autres solutions possibles.

Et après : venez nous raconter dans quelles circonstances vous avez fait ça et ce que ça a changé pour vous !

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Cet article est paru pour la première fois dans le cadre du calendrier de l'avent sur les mythes éducatifs offert sur ma page et sur celle de Vicky Brougiannaki en Décembre 2018 :

Publié le 04 décembre 2018 par Dominique Vicassiau Et aussi…


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